Cela fait plus d’un an que la crise sanitaire fait sentir ses nombreux effets dans le monde.

En France d’une façon générale, et en raison des mesures de chômage partiel, l’emploi semble avoir résisté. Mais qu’en est il des populations non éligibles aux mesures de protection de l’emploi ? Et notamment les jeunes diplômés sortis de l’école en septembre et décembre 2020 ?

 

    En effet, hors temps de crise, les jeunes diplômés d’un bac +5 sont 3 sur 4 à trouver leur premier emploi dans les 6 mois suivants l’obtention de leur diplôme.

 

    Toutefois, selon une étude de Syntec Conseil réalisée en Décembre 2020, 1 jeune diplômé en 2020 sur 2 n’a pas trouvé d’emploi 6 mois après sa sortie des études. Un chiffre en nette hausse, notamment en raison de la fermeture des frontières et l’impossibilité pour les jeunes de voyager pendant leurs études. Habituellement, un quart des jeunes diplômés trouve son premier emploi à l’étranger.

 

   Ce chiffre couvre par ailleurs des disparités fortes entre les différents diplômes. Certains ont vu leur employabilité chuter drastiquement (tourisme, aéronautique, etc.) tandis que d’autres n’ont pas changé (médical, agroalimentaire, informatique).

 

   Il y a de surcroit des disparités hommes / femmes. Ces dernières ont en effet plus de difficultés à trouver un emploi selon cette même étude. Les parcours en alternance ont un peu plus de facilité pour décrocher le premier emploi.

Pour relever ce défi de l’emploi, les jeunes diplômés font preuve de persévérance et de flexibilité.

 

Illustration de Anna Wanda Gogusey

 

    Ils n’hésitent pas par exemple à se montrer plus mobiles, à élargir leurs recherches, et à abaisser leurs prétentions salariales.

 

    Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un soutien financier de la part de leur famille, ils sont souvent contraints de trouver un job « alimentaire » après avoir épuisé leurs économies. Cela complique d’autant plus leurs recherches d’emploi : leur disponibilité et leur énergie seront impactées.

 

    Pour contourner l’écueil de la recherche du premier emploi en période de crise, certains ont décidé de poursuivre leurs études pour retarder leur entrée sur le marché du travail. Ils espèrent qu’en septembre 2022, la crise sera terminée et que l’emploi aura redémarré. Il s’agit là d’un pari incertain et l’avenir dira s’ils ont eu tort ou raison de jouer cette carte.

Que font leurs autres acteurs du marché ?

 

    De leur côté, certaines universités et écoles ont mis en place des programmes dédiés pour aider les jeunes dans leur parcours du combattant.

    Pour sa part, le gouvernement, conscient de la difficile situation des jeunes, a mis en place une plateforme d’aide qui leur est dédiée. Par ailleurs, les jeunes diplômés en recherche d’emploi peuvent bénéficier d’un accompagnement individuel intensif et d’une aide financière exceptionnelle par Pôle Emploi.

    Quant aux entreprises, elles peuvent bénéficier d’aides pour le recrutement d’un jeune ainsi que de primes pour favoriser l’apprentissage.

Notre avis d’expert ?

 

    La génération de jeunes diplômés COVID-19 est une génération avide de lien social. Elle souhaite participer à un projet commun et prouver concrètement son utilité en assouvissant sa soif d’apprentissage. Volontaires et capables de compromis, ils sauront apporter beaucoup à l’entreprise qui accepte de parier sur eux.

    Pour autant, cela implique plus que jamais de réussir son recrutement et d’assurer l’adéquation entre les besoins du candidat jeune diplômé et ceux de l’entreprise. Cela implique également de réfléchir et de réussir son intégration malgré les contraintes sanitaires et parfois la distance.

    C’est là un beau défi que nous nous devons de relever pour ces générations futures.

 

Article rédigé par Benjamin Metzger, PerfHomme Pays de Savoie